Accueil Info Info en continu VIDÉO. Violences à Alençon, émeutes, drogue… La préfète condamne « ces comportements de voyous »

VIDÉO. Violences à Alençon, émeutes, drogue… La préfète condamne « ces comportements de voyous »

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photo  françoise tahéri, préfète de l’orne, mercredi 27 octobre 2021, au lendemain des violences urbaines du quartier de perseigne à alençon.  ©  ouest-france 1

Françoise Tahéri, préfète de l’Orne, mercredi 27 octobre 2021, au lendemain des violences urbaines du quartier de Perseigne à Alençon. © Ouest-France

Dans la nuit du 26 au 27 octobre 2021, le quartier de Perseigne à Alençon (Orne) a été le théâtre d’impressionnantes scènes d’émeutes. Une quinzaine de véhicules ont été incendiés. Les pompiers, gendarmes et policiers, visés par des tirs de mortiers d’artifice. Une compagnie de CRS sera déployée dans l’après-midi face aux menaces de nouvelles nuits de violences. La préfète fait le point.

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« Je condamne avec la plus grande fermeté ces violences et ces comportements de voyous », martèle Françoise Tahéri, préfète de l’Orne, ce mercredi 27 octobre dans un entretien accordé à Ouest-France.

La veille, en pleine nuit, le quartier de Perseigne, à Alençon, a été le théâtre d’émeutes provoquées par une trentaine de jeunes, contre policiers, gendarmes et pompiers après qu’une quinzaine de voitures a été incendiée.

« Je tiens à apporter mon plein soutien aux forces de sécurités qui ont essuyé des tirs de mortiers et des cocktails molotov. ajoute-t-elle. Fort heureusement, il n’y a pas eu de blessé, mais la situation a été très tendue. »

Dans la nuit, il faudra deux trois heures pour les renforts

Si Françoise Tahéri affirme que « les policiers sont intervenus rapidement pour stabiliser la situation », la version diffère pour Mickaël Métairie, syndicaliste Unité SGP Police FO. « Les collègues sont en minorité quand on les appelle. Ils c onstatent les faits : incendies, jets de mortiers, mais s’aperçoivent qu’ils ne peuvent pas intervenir en sécurité, puisqu’il s’agit d’un guet-apens. »

Selon le syndicaliste, « ils rebroussent chemin, avisent la hiérarchie qui met en place des renforts départementaux », soit « des gendarmes sur zone et des collègues à leurs domiciles »

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Une opération longue à mettre en place selon ce spécialiste de la sécurité : Il faudra « deux – trois heures ».

Une compagnie attendue de CRS dans l’après-midi

À en croire les émeutiers sur place, de nouvelles scènes de violences pourraient venir perturber les prochaines nuits des habitants de Perseigne. « On a de quoi remettre ça dans la semaine, demain soir s’il faut. Ce n’est pas terminé » , a confié l’un d’entre eux.

Pour s’assurer du maintien de l’ordre dans le secteur, une compagnie de CRS est attendue dans l’après-midi, soit une soixantaine d’effectifs. Vers 17h, huit mini-bus sont arrivés devant le commissariat d’Alençon, avant de faire route vers Perseigne et de se déployer dans le quartier.

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La préfète a exprimé sa « pensée pour tous les habitants de quartier qui méritent de bonnes conditions d’existence ». Certains vont d’ailleurs être reçus par les services de l’État et le maire d’Alençon, Joaquim Pueyo.

Une interpellation en lien avec les violences ?

Cette nuit de violences urbaines est certainement liée à une interpellation sur fond de trafic de stupéfiant, qui a eu lieu dans le quartier le matin même. « Une enquête établira s’il y a ou pas de lien de causalité entre ces interpellations dans le cadre de flagrance et les violences. Mais, il y a une concomitance et une simultanéité des faits qui laissent penser que oui. »

En réalité, les policiers ont procédé à deux interpellations « conformes à la volonté très ferme qui est la nôtre de perturber les trafics de drogue et les points de deal » L’une diligentée contre un trafiquant présumé, la seconde contre un consommateur.

Trafic de drogue : « une gangrène »

La préfète se dit « déterminée » pour continuer à mener le combat contre le trafic de drogues, qui « gangrène la société ». Le tout « en lien avec les différents parquets ».

En revanche, pour le procureur de la République d’Alençon, François Coudert, ce n’est pas l’interpellation d’un jeune qui va assainir la situation. « Une interpellation, ce n’est pas un démantèlement. Ce n’est pas en extrayant un revendeur qu’on s’attaque en profondeur au trafic. Pour ça, il faudrait des enquêtes en profondeur de la police », s’exaspère-t-il.

Cannabis, cocaïne, ecstasy, héroïne et désormais crack… Depuis le début de l’année 2021, une trentaine de kilos de stupéfiants a été saisie dans le département. Et ce, « grâce au déploiement de la police sécurité du quotidien, des contrôles de flux routiers et une présence plus marquée des brigades sur le territoire ». Elle le répète : « Il faut tarir les points de deal »

Une centaine d’amendes dressées pour les consommateurs

Mais il faut aussi « inciter les consommateurs à ne pas acheter de drogue avec une présence visible pour les usagers, rappelle-t-elle. Car tout ceci est alimenté aussi par la consommation ».

Depuis la mise en place des amendes forfaitaires délictuelles d’un montant de 200 € en début d’année 2021 pour les consommateurs, « une petite centaine a été délivrée ».

Des renforts policiers sur l’année ?

Les forces de l’ordre s’attendent à ce que la situation s’envenime à chaque interpellation dans le quartier. Les syndicats demandent plus de renforts sur toute l’année et non ponctuels ce mercredi.

À en croire Françoise Tahéri, « selon les directives du gouvernement, les effectifs de police du département seront, d’ici les prochaines semaines, équivalentes à ceux de 2017 », donc renforcés.

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Il n’en est rien pour Mickaël Métairie. « J’ai sollicité députés et sénateurs par courrier, par audience, je n’ai pas de réponse. Quand elle parle de renfort, on parle de collègues qui sont arrivés en mutation classique. »

 
Narjisse EL GOURARI.    Ouest-France  

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