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Alençon. Voitures brûlées à Perseigne : « Les violences urbaines pour nous, c’est monnaie courante »... |
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Les policiers ont essuyé des tirs de mortiers et de feux d’artifice, dans la nuit du dimanche 21 au lundi 22 mars 2021, dans le quartier de Perseigne, à Alençon. © DR
Michaël Métairie est délégué départemental Unité-SGP-Police-FO de l’Orne. Après les échauffourées qui ont eu lieu dans la nuit du dimanche 21 au lundi 22 mars 2021, dans le quartier de Perseigne, à Alençon, il dénonce, à nouveau, un manque persistant d’effectifs.
Des policiers d’Alençon ont essuyé des tirs de mortiers, dans la nuit du dimanche 21 au lundi 22 mars 2021, alors qu’ils sécurisaient le périmètre pour les pompiers, venus éteindre plusieurs voitures en flammes. Aucun blessé n’est à déplorer. Michaël Métairie, délégué départemental Unité-SGP-Police-FO de l’Orne, dénonce un manque persistant d’effectifs.
« On est habitué à ce genre de phénomène, même si à Alençon, ça faisait longtemps que ça n’était pas arrivé. Les violences urbaines, pour nous, malheureusement, c’est monnaie courante. Il y a deux mois, c’était à Flers, dans le quartier Saint-Michel. »
Il poursuit : « Quand il y a une équipe de trois policiers dehors, plus éventuellement une équipe de la BAC, soit six hommes au total, et qu’un épisode de violence urbaine éclate, on est obligé de faire appel à la gendarmerie ou à des collègues en repos. C’est comme ça que ça fonctionne. Et on gère dans l’urgence : sécuriser le périmètre, protéger les pompiers et se replier. Et si possible, identifier deux ou trois auteurs. »
Avec l’amère impression que ça ne change rien. « La plupart sont archi connus de la police et de la justice. Mais il y a un manque de rigueur de la justice : les peines prévues pour de tels faits ne sont pas appliquées. »
« On n’est pas assez nombreux »
Les causes de ces soulèvements restent difficiles à comprendre. « Ces épisodes de violence font souvent suite à des interpellations ou à des déclarations. Mais parfois, c’est juste parce qu’une patrouille passe et c’est l’occasion de lui lancer un caillou. Parfois, ce n’est rien du tout. C’est un phénomène de mode. Et puis il y a du deal et notre présence dérange. »
« Nous ne sommes pas des équipes spécialisées, continue le syndicaliste. On se prépare au mieux, on s’équipe au mieux mais on n’est pas assez nombreux. On nous accorde des renforts mais que se passe-t-il quand ils repartent, quinze jours plus tard ? »
Pour Michaël Métairie, une seule solution : « Il faut un nombre de policiers conséquent ». Et cela fait longtemps qu’il le dit. « Quand j’étais à la Bac, à Flers, il y a 20 ans, je venais en renfort à Perseigne. Déjà … Vingt ans plus tard, on dénonce toujours le même problème. »
La 258e promotion de gardiens de la paix vient de sortir de l’école. Une lueur d’espoir pour les policiers ornais. Mais seul deux fonctionnaires ont été attribués au département : un au commissariat de Flers et un autre à Argentan. « C’est très loin de nos attentes. »