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« De l’émotion en plus » : pour être plus inclusifs sur le handicap, les festivals normands partagent leurs pratiques... |
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Norma a réuni ses adhérents au K-Rabo, à Rabodanges (Putanges-le-Lac). © Ouest-France
Partager bonnes pratiques et idées entre bénévoles et professionnels, c’est le but de l’association Normandie musiques actuelles (Norma). Vendredi 21 novembre 2025, elle les a réunis à Putanges-le-Lac (Orne) pour échanger sur l’inclusion.
Sur les hanches et dans le dos, le gilet vibre et restitue ainsi les paroles d’une intervenante. Hervé Breton, chargé de l’accessibilité du festival Les Bichoiseries, l’a amené pour que les professionnels et bénévoles organisateurs de rendez-vous musicaux, testent ce gilet qui « permet aux personnes sourdes de ressentir le tempo d’une musique ».
Vendredi 21 novembre 2025, une vingtaine d’organisateurs de concerts et festivals en Normandie ont échangé sur les bonnes pratiques, la mutualisation des moyens et les financements pour rendre accessible leurs événements au plus grand nombre. Une rencontre organisée par Norma, Normandie musiques actuelles.
VIDÉO. Perinne Diot pratique le chansigne, un art encore méconnu des festivals
Allée goudronnée et plate-forme surélevée
Le festival des Bichoiseries s’est penché sur son adaptabilité depuis 2017, depuis qu’Hervé Breton, handicapé par une maladie génétique, a pris cette question en main : « Au départ, nous nous sommes concentrés sur l’accessibilité pour les personnes handicapées moteur, car notre festival se déroule sur une petite montagne donc peu accessible. Une allée goudronnée permet au public d’atteindre une plate-forme surélevée. »
Les toilettes ne sont plus genrées mais « nous précisons si l’accessibilité est à gauche ou à droite, c’est nécessaire pour les personnes victimes d’hémiplégie ».
Depuis 2023, le festival fait chansigner certains concerts. C’est l’association Dix doigts en cavale qui intervient. Sa représentante témoigne : « On intervient pour tous les spectacles de Mes Souliers sont rouges : les entendants sont souvent émerveillés de découvrir le chansigne. C’est de l’émotion en plus, le concert prend une autre dimension. »

Mathieu Agostini, l’un des créateurs du festival les Sons du lac, à Rabodanges, a testé le gilet vibreur destiné aux personnes malentendantes ou sourdes. Ouest-France
Des couleurs qui conviennent à tous
La scène d’Alençon, La Luciole, a « fait tester des gilets vibrants et des boucles magnétiques par des élèves de l’école spécialisée La Providence, a présenté Marion Vannier-Riou. On prête d’ailleurs ce matériel. Les salariés et des bénévoles ont appris la base de la langue des signes. Nous avons acheté un outil pour permettre des visites sensorielles et repeint nos locaux dans des couleurs qui conviennent à tous. »
Côté promotion, « toutes nos vidéos de présentation de nos concerts sont chansignées ». Malgré tous ces efforts, Marion Vannier-Riou a conclu : « On a encore plein de choses à développer en matière de handicap visuel et moteur. »
Vendredi 28 novembre, états généraux du handicap au conservatoire de Caen. La musique à l’honneur.