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Dans l’Orne, près de 700 femmes ont subi des violences conjugales en 2022... |
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De gauche à droite : Anne-Catherine Sudre (directrice départementale de l’ARS), le commandant Alvarez (directeur adjoint de la Sécurité publique), le colonel Benech (responsable des gendarmes de l’Orne) et le préfet Sébastien Jallet. © Ouest-France
Les chiffres ont été dévoilés vendredi 24 novembre 2023 à Argentan : dans l’Orne, 679 femmes ont porté plainte pour des faits de violences conjugales. Un chiffre en hausse de 10,6 % par rapport à 2021.
« Les chiffres sont glaçants » a soupiré le préfet Sébastien Jallet, vendredi 24 novembre 2023 à Argentan, à l’occasion de la présentation de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. En 2022 dans l’Orne, 679 femmes ont fait un signalement ou déposé une plainte pour des faits de violences émanant de leur conjoint ou ex-conjoint. Soit 10,6 % de plus que l’année précédente (614).
L’Orne fait ainsi partie d’un classement peu reluisant, celui des dix départements français les plus touchés par les violences faites aux femmes. Et si les chiffres de 2023 ne sont pas encore connus, « la tendance reste encore à la hausse », note le préfet.
La libéralisation de la parole des victimes
Dans cet horizon bien sombre, où trouver des lueurs d’espoir ? Cette inquiétante hausse statistique, Sébastien Jallet veut aussi l’expliquer par « la libéralisation de la parole des victimes, d’autant plus qu’on sait aussi mieux l’accueillir et la prendre en compte ». Il souligne ainsi qu’une proportion de plus en plus importante des plaintes renvoie à des faits anciens. « Les victimes osent davantage porter plainte, c’est une très bonne chose ».
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Toute cette semaine, les gendarmes de l’Orne ont multiplié les actions dans les supermarchés, les foires ou les Maison France service « pour faire en sorte que la parole se libère », a souligné le colonel Benech. « Quand on voit que la maison de son voisin se fait cambrioler, on le signale. Quand on voit sa voisine dans la détresse à cause de la violence, on se doit également d’intervenir », a martelé Maïté Billaud, déléguée départementale aux droits des femmes.
3919. Les femmes victimes de violences peuvent contacter le 3919. Gratuit et anonyme, ce numéro de téléphone est accessible 24h/24 et 7j/7. Il est aussi possible d’envoyer un SMS au 114.