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EN IMAGES. Affluence record au musée de Berjou, pour le 80e D-Day : « C’est une année spéciale »... |
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Une trentaine de passionnés ont participé aux reconstitutions. © Ouest-France
Pour le 80e anniversaire de la libération de la commune, le Blackwater muséum de Berjou (Orne), a organisé plusieurs animations, du jeudi 15 au dimanche 18 août 2024.
Il y a des anniversaires qui ne peuvent être célébrés qu’en grande pompe. C’est le cas de celui de la libération de Berjou (Orne), dont ce sont les quatre-vingts ans cette année. Pour l’occasion, le Blackwater muséum, qui fête l’événement chaque été, a organisé diverses animations, du jeudi 15 au dimanche 18 août 2024.
Un camp de reconstitution s’est notamment installé devant l’établissement. Véhicules, armes, objets du quotidien… Des passionnés, vêtus de tenues complètes de soldats français, canadiens, britanniques, soviétiques et allemands ont répondu à toutes les questions des curieux.  Pour détruire leur cible avec cet antichar, ils se mettaient à 60 m du véhicule, souvent des blindés, qu’ils voulaient atteindre,
décrit un reconstitueur, coiffé d’un calot sur lequel sont brodés une croix gammée et un aigle. Ça pouvait être utilisé par un seul fantassin, assez expérimenté.Â
Pour rendre l’expérience encore plus immersive, deux randonnées de 6,5 km, « Sur les pas des libérateurs », ont été organisées le vendredi et le dimanche. Environ cent cinquante personnes y ont participé.

Les reconstitueurs, installés devant le musée de Berjou (Orne), ont enfilé leurs tenues d’époque. Ouest-France
Opération méconnue
Après avoir profité de l’extérieur, les visiteurs entrent dans l’incontournable musée de 150 m², qui a inauguré une nouvelle salle en avril dernier. À l’intérieur, de nombreux objets ayant appartenu à des soldats britanniques sont exposés, notamment des casques, des sabres, mais aussi une boîte de chocolats. Surtout, des cartes et des écriteaux y décrivent les enjeux de l’opération Blackwater, dans laquelle la bataille de Berjou constituait une étape, pour établir une tête de pont sur Noireau. Elle est méconnue malgré son importance dans la libération de l’Orne »,
indique le commentaire d’une vidéo retraçant le déroulé des événements.
Lire aussi : « La foule heureuse » : le 17 août 1944, Flers et les communes voisines sont libérés
Le 15 août 1944, un premier soldat allié pose le pied à Berjou. Jusqu’au 17 août, la Sherwood Rangers Yeomanry (SRY), une unité de char britannique, livre de violents combats dans la commune. Des affrontements durant lesquels plus de cent cinquante soldats allemands et soixante-dix soldats britanniques perdent la vie. Parmi eux, le lieutenant Galvin, dont la nièce est venue au musée, quatre-vingts ans après, vendredi 16 août.
Environ mille visiteurs
 C’est une année spéciale »,
résument Marie-Claude et Marie-France à la sortie du musée. Les deux amies viennent chaque année de Saint-Pierre-du-Regard et ne pouvaient manquer cette édition.  On a connu le musée quand il était petit. C’est vraiment génial ce qui est fait ici »,
insiste Marie-Claude.  Avec les reconstitutions, c’est génial. Tout le monde nous donne des explications. On les écouterait pendant des heures »,
poursuit Marie-France, après avoir découvert le quotidien des soldats britanniques.

Des véhicules d’époque ont été exposés devant le Blackwater muséum, du jeudi 15 au dimanche 18 août 2024. Ouest-France
Sur quatre jours, environ mille personnes ont défilé au Blackwater muséum, selon la famille Bon, propriétaire du musée. À titre de comparaison, entre deux mille et deux mille cinq cents entrées avaient été enregistrées sur l’ensemble de l’année 2022.  Pour nous, c’est une sacrée réussite, souligne Romain Bon, fondateur du musée. Ça faisait très longtemps qu’on se préparait à cet anniversaire.Â
Il se félicite que cet événement ait permis de poursuivre l’objectif qu’il partage avec son fils, Louis Bon : perpétuer la mémoire de la bataille de Berjou.

Environ mille personnes ont visité le Blackwater muséum du jeudi 15 août au dimanche 18 août 2024, un record pour le musée. Ouest-France