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Mort de Brigitte Bardot. En 1952, l’actrice tournait son tout premier film en Normandie, avec Bourvil... |
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Brigitte Bardot et Bourvil, lors du tournage de la comédie « Le Trou normand », dans le département de l’Eure. Le film est sorti sur les écrans en 1952. © Les Productions Calamy
Brigitte Bardot, icône du cinéma français, est morte ce dimanche 28 décembre 2025 à Saint-Tropez (Var), à 91 ans. Sa carrière fut marquée par de nombreux films, dans les années 1950-1960. Et justement, en 1952 elle tournait le tout premier, « Le Trou normand », en Normandie, avec Bourvil. Pour elle, ce rôle fut une épreuve. On rembobine.
Brigitte Bardot, icône du cinéma français et de la défense de la cause animale, est décédée ce dimanche 28 décembre 2025 à Saint-Topez, dans le Var. Elle avait 91 ans.
Au début des années 1950, l’actrice qui démarrait tout juste sa carrière devant la caméra a tourné une comédie en Normandie avec une autre icône du cinéma français : Bourvil. Alors qu’elle allait avoir 18 ans, elle faisait là sa première apparition à l’écran.
Le tournage du film « Le Trou normand », de 85 minutes, s’est déroulé principalement dans les communes de La Vieille-Lyre, de La Neuve-Lyre et de Conches-en-Ouche, dans le département de l’Eure. Dans le verdoyant et agricole pays d’Ouche.
Placée sous la direction du réalisateur Jean Boyer (qui a collaboré avec Line Renaud, Danielle Darrieux, Arletty, Audrey Hepburn, Mireille Darc, Charles Trenet, Michel Simon, Raimu, Louis Jouvet, Fernandel, Jean Carmet, Jean Richard, Fernand Raynaud…) Brigitte Bardot interprétait le rôle de la cousine de Bourvil, Javotte Lemoine.
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Une farce paysanne
Le synopsis : dans cette farce paysanne, Hippolyte Lemoine (Bourvil), un benêt d’une trentaine d’années, naïf à l’esprit enfantin, vit dans le village normand de Courteville - nom fictif -. À sa mort, son oncle Célestin lui lègue par testament sa fortune et son auberge (Le Trou normand), mais à la condition expresse que son neveu obtienne son certificat d’études primaires dans l’année en cours.

L’affiche du film « Le Trou normand » (1952), avec Bourvil et Brigitte Bardot. Les Productions Calamy
Pour atteindre son but, Hippolyte devra déjouer les manigances de sa tante Augustine (belle-sœur et maîtresse du défunt), qui croyait hériter à sa place et qui cherche à le faire échouer en se servant de sa fille Javotte (Brigitte Bardot).
Lui, est soutenu par de nombreux habitants du village, dont le maire, l’instituteur, et surtout la fille de ce dernier, elle aussi institutrice, Madeleine, sous le charme de laquelle Hippolyte va tomber…
Dans ce film en noir et blanc, qui a été colorisé depuis sa sortie en 1952, Brigitte Bardot tient le rôle d’une jeune femme espiègle, mais attentionnée pour son cousin : elle ne veut pas de l’héritage. Au final, Bourvil deviendra propriétaire de l’auberge.
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Un terroir marqué par ce tournage
Le tournage a marqué durablement les habitants de La Vieille-Lyre et de La Neuve-Lyre. Plusieurs centaines d’entre eux ont joué des rôles de figurants. Tout le pays d’Ouche était alors en ébullition. Et n’oubliera jamais.
En septembre 2024, le portrait de Brigitte Bardot a même rejoint celui de Bourvil sur la façade de l’ancienne auberge du Trou normand, à La Vieille-Lyre, rachetée par la commune en 1995 et réhabilitée en gîte haut de gamme.
L’actrice, qui avait été invitée à cette occasion mais n’avait pas pu se déplacer, avait envoyé un chaleureux message manuscrit au maire de la commune, où elle expliquait garder  un merveilleux souvenir
 » de ce  bien joli coin de France, encore préservé
 ».
Un scénario « cucul la praline »
Pourtant, elle n’avait pas été enthousiasmée par le scénario qu’elle traite d’histoire cucul la praline
 » dans ses mémoires. Le réalisateur Roger Vadim - qui l’épousa trois mois après son dix-huitième anniversaire, lui avait dit qu’elle avait tort de faire ce film. Elle a accepté ce rôle dont le cachet (200 000 anciens francs) lui permit de débuter une carrière et de devenir autonome, puisqu’elle abandonna ses études et la danse.
Ce premier tournage de trois mois fut pour elle un moment très difficile. Raillée pour son jeu maladroit et humiliée par la maquilleuse, par la coiffeuse et par le producteur, Jacques Bar, avec lequel elle n’acceptera plus jamais de tourner, elle se sent mal et souffre de nausées.
Brigitte Bardot termine le tournage et de retour à Paris, ses malaises augmentent. Elle se rend à Megève avec Roger Vadim, à l’insu de ses parents, pour une interruption volontaire de grossesse.
Après « Le Trou normand », celle qu’on surnommait « BB » a figuré à l’affiche d’une cinquantaine de films, dont des titres de renom comme « Et Dieu… créa la femme » (de Roger Vadim, 1956) ; « La Vérité » (d’Henri-Georges Clouzot, 1960) ; « Le mépris » (de Jean-Luc Godard, 1963) ; « Viva Maria ! » (de Louis Malle, 1965).