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Pour assurer un suivi, il appelle à observer les chouettes effraies sur les routes du Bocage... |
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En juin 2024, Johann Launay a installé des nichoirs et bagué des chouettes effraies dans le Bocage ornais. © Ouest-France
Depuis 2022, Johann Launay, chargé de mission au Centre permanent d’initiatives pour l’environnement (CPIE) des collines normandes, installe des nichoirs dans les exploitations agricoles et bague les chouettes effraies pour un suivi scientifique.
Cette année, trente-six nichoirs ont été installés chez des producteurs laitiers du Bocage ornais. Ce programme intitulé « Un noctambule dans ma stabul’» vise à conserver la faune sauvage en accueillant des espèces menacées tout en permettant de lutter contre les rongeurs de manière naturelle. Deux fois par an, les chouettes effraies sont baguées par Johann Launay, chargé de mission au Centre permanent d’initiatives pour l’environnement (CPIE) des collines normandes et James Jean-Baptiste, salarié du Groupe ornithologique normand (GONm), habilité par le Muséum d’histoire naturelle.
Regarder si la chouette est baguée
Chaque chouette baguée a un numéro d’identification propre. « Nous avons environ 150 individus bagués dans le Bocage. Le suivi a un intérêt, si on les contrôle. Par exemple, on pensait que la chouette effraie était sédentaire et se déplaçait dans un rayon de 10 km. Mais près de Caen (Calvados), on a retrouvé une chouette qui était baguée et venait d’Espagne. On l’aurait jamais su autrement », décrit Johann Launay.
L’une des causes de sa mortalité est la route, notamment en été, lorsque les jeunes prennent leur envol, « Elles se heurtent à des voitures et on les retrouve sur les bords de routes . » Il appelle la population à être vigilante en cas de chouette effraie au sol. «  Il faut regarder si elle est baguée. On laisse l’individu mais on peut détendre la bague, la récupérer et me contacter. Ça peut vraiment nous aider. »
Une vingtaine d’exploitations candidates
Actuellement, quarante-cinq nichoirs ont été installés parmi les soixante-dix producteurs AOP de la fromagerie Gillot. Désormais, il est ouvert à toutes les exploitations volontaires. Le programme va continuer en 2025. Une vingtaine d’agriculteurs a déjà candidaté. « On a des arboriculteurs, notamment. C’est adapté au système en herbe. Mais ça peut l’être pour toutes les exploitations. Il n’y a pas grand-chose à faire, on installe tout avec une caméra et on demande juste à ce que les agriculteurs jettent de temps en temps un coup d’œil à leur écran et montent l’hiver sur le nichoir pour mettre de la paille », explique Johann Launay. Le coût est de 50 € par exploitation pour les frais d’installation du nichoir.
Renseignements, par mail : j.launay@cpie61.fr ou par téléphone au 02 14 19 01 35.