|
Alençon. Le colis alimentaire du Secours populaire, une « bouffée d’oxygène » pour ses bénéficiaires... |
1
La distribution des colis d’été a réuni une quinzaine de bénévoles, sur la trentaine que compte habituellement le Secours populaire d’Alençon (Orne). © Ouest France
Ce mercredi 16 juin 2021, le Secours populaire d’Alençon (Orne) a distribué son colis d’été à quelque 110 inscrits. Ces bénéficiaires ont pu repartir avec un chariot rempli de fruits, légumes et autres produits frais contre une participation de 7 €.
Dans la cour d’entrée, la file d’attente ne semble pas désemplir. Familles, retraités, étudiants… Les profils ont beau être variés, tous vont repartir avec le même lot : un chariot rempli de produits locaux, principalement des fruits et légumes. À l’intérieur, on retrouve un kilo de tomates, courgettes, kiwis, sans oublier saucisses, Pont-l’Évêque, rillettes ou encore cookies. Telle est la composition du colis d’été du Secours populaire d’Alençon (Orne), distribué ce mercredi 16 juin à ses 110 bénéficiaires.
Un chiffre deux fois moins important qu’à Noël, quand le centre distribue son deuxième colis annuel. « En hiver on constate plus de besoins et d’envie d’achats. Sans compter que certaines familles partent en vacances l’été », explique Patricia, bénévole alimentaire depuis près de quatre ans. Comme elle, une quinzaine de volontaires s’affairent autour des étalages pour préparer les chariots.
« Je tiens à saluer leur courage »,note Eva. Cette ancienne secrétaire juridique s’est inscrite au Secours populaire il y a un an et demi à la suite d’un licenciement économique. « Cette aide apporte une bouffée d’oxygène, car les temps sont durs, les magasins sont chers, et j’ai un enfant à charge »,constate Eva, qui doit se contenter des minima sociaux. Des aides dont beaucoup ne bénéficient pas, en raison de leur jeune âge ou d’un calcul litigieux. « On a envie de se décarcasser surtout pour eux »,expose Marie-Louise, bénévole en charge des inscriptions.
Les familles monoparentales plus touchées
Devenir bénéficiaire dépend d’un savant rapport entre les ressources et les dépenses du ménage. « On se rend compte que la majorité des demandes provient des familles monoparentales », se désole Marie-Louise. Les femmes sont les premières concernées, à l’image de Marie, trois enfants à charge. « Je n’ai pas assez à la fin du mois pour pouvoir tous nous nourrir, témoigne la coiffeuse, inscrite depuis 2013. Compte tenu du prix du panier, on est forcément gagnants. »
Car pour repartir avec le colis, le Secours populaire ne requiert qu’une participation de sept euros. Un service indispensable en ces temps de pandémie. « L’an dernier, mon mari n’a pas reçu de salaire pendant deux mois avant d’être placé en chômage partiel, relate Angélique, habitante de Semallé. J’ai dû recourir à l’aide du Secours populaire en août, et je ne le regrette pas. »
« C’est nécessaire pour tenir, surtout moralement », renchérit Nelly, femme de ménage à la retraite, dont la pension est insuffisante pour subvenir aux besoins.
Moins d’inscrits en 2021
Malgré le contexte économique, le nombre de bénéficiaires au Secours populaire d’Alençon est resté stable depuis le début de la crise sanitaire. Et les inscriptions sont même en chute libre depuis le début de l’année 2021. « Il y a six mois, on avait en moyenne quinze demandes par semaine, contre cinq aujourd’hui, s’étonne Marie-Louise. Certains habitués ne reviennent plus, d’autres ont peut-être peur de sauter le pas. »
« Ça n’a pas été facile de m’inscrire. La première fois que je suis venue, j’ai fondu en larmes, raconte Angélique, mère de trois enfants âgés de 7 à 18 ans. Mais il faut mettre son orgueil de côté. » D’autant que l’accueil chaleureux des bénévoles a eu pour effet de la mettre en confiance. « Ce qui est bien ici, c’est qu’on ne vous juge pas. Tout le monde est logé à la même enseigne. »