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Alexandre Leloup, une vie consacrée au dressage des chiens pour le cinéma... |
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Alexandre Leloup et Rocco sur le tournage de « Belle et Sébastien : nouvelle génération ». © Alexandre Leloup
Avec plus de 2 000 tournages à son actif, dont 450 longs-métrages, l’Équipe Pittavino-Leloup fait figure de référence en matière de dressage de chiens pour le cinéma.
À Écouis, dans l’Eure, il existe un Actors Studio d’un genre particulier. Ici, les futures stars vont sur quatre pattes : carlin, cocker, bulldog anglais ou border terrier, ils sont actuellement trente-cinq, dans l’attente du casting qui les mènera en haut de l’affiche, comme avant eux Nawak (Idéfix dans « Astérix »), Athos (« Arthur et les Minimoys ») ou encore Rocco (« Belle et Sébastien »).
Dans les coulisses de leurs exploits à l’écran, on trouve Alexandre Leloup. En 2023, son mentor, Patrick Pittavino, lui a confié les rênes de sa dream team canine, l’Équipe Pittavino devenue Équipe Pittavino-Leloup : cinq dresseurs (jusqu’à dix en période de tournages) qui préparent
les chiens à tutoyer les caméras.
Action !
Pas vraiment de vacances, pas vraiment de week-ends : dans son métier, Alexandre Leloup ne fait jamais tout à fait relâche. Et pour cause : Un chien, ça ne se met pas sur pause
, sourit-il. Nourrissage, soins, balades et bien sûr entraînement, au quotidien : dans les rangs de l’Équipe, on se couche en pensant chien, on se lève en pensant chien et quand on dort, on rêve sans doute de chiens.
Une seule séquence peut demander des semaines, des mois de travail et certains plans, qui semblent aller de soi à l’écran, requièrent parfois, pour obtenir le mouvement, l’attitude, le regard juste, autant de préparation que des actions complexes.
Un métier de passion et d’orfèvre où tout se règle au millimètre près pour satisfaire aux contraintes de plateau. Et qui suppose l’adhésion sans réserve des partenaires à poils et à truffe de l’Équipe. Nous recrutons nos chiens dans des élevages mais aussi beaucoup dans des refuges sur ce critère essentiel : la proactivité. Ce sont souvent des chiens qui en font un peu trop, qui “
débordent”
, mais c’est la clef : l’envie et le plaisir que prend l’animal à interagir avec nous.
Parmi ces chiens, certains occupent une place à part. C’est le cas de Bobby : Pour son premier film qui doit sortir au printemps prochain, Jérémy Ferrari était en quête d’un chien à trois pattes, raconte Alexandre Leloup. Nous l’avons trouvé dans un refuge. Amputé d’une patte arrière, il venait du Maroc. Travailler avec Bobby nous a fait toucher du doigt ce que c’est que d’être un animal handicapé et nous avons décidé de nous mobiliser.
En début d’année, Alexandre Leloup lancera officiellement Hey Bobby, une association qui s’est fixé pour mission d’apporter son soutien aux structures qui accueillent les animaux en situation de handicap. Et devinez qui en sera le parrain…