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Dans l’Orne, une laine solide made in Bocage pour des vêtements chauds... |
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Hannah Wenger, 36 ans, est lainière teinturière à l’atelier La Filière basé à Caligny, dans l’Orne. © Ouest-France
Noël zéro déchet. À la ferme de la Berouette, à Caligny dans l’Orne, l’atelier La Filière de Hannah Wenger valorise la laine de moutons, souvent considérée comme un déchet.
« On peut faire de très belles choses avec ce qui est considéré comme un déchet. » C’est avec cette conviction que Hannah Wenger s’est lancée en 2018, à la ferme de la Berouette de Caligny (Orne), dans la collecte et la transformation de laine de mouton. Chaque année, c’est environ deux tonnes de laine qu’elle fait transformer en semelles, plaids, bonnets ou fils de laine. « Selon les réglementations européenne et française, la laine est considérée comme un déchet. En France, on a la chance d’avoir encore des petites usines de transformation. »
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Lors de la tonte – généralement annuelle – des moutons, les tondeurs récupèrent la laine qu’ils revendent ensuite à des marchands. « En France, 10 % de la laine est valorisée dans le territoire, quand 90 % est envoyée à l’étranger pour revenir sous forme de produit fini. Mais les marchands en prennent de moins en moins, car il est difficile de trouver des débouchés et il n’est pas rare, en 2023, que les éleveurs se retrouvent avec la laine sur les bras. Le kilo est actuellement vendu vingt centimes ; dix fois moins que dans les années 1990. »
Une laine solide
Pour être sûre d’avoir de la laine de qualité, Hannah Wenger, qui était styliste auparavant dans un bureau d’études en Bourgogne, travaille avec cinq à dix éleveurs du secteur – dont Joseph Robert, son compagnon, à la ferme de la Berouette, – et assiste aux chantiers de tonte pour trier la laine sur place. « La qualité de la laine dépend de beaucoup de choses : la pâture, le stress, les rotations, savoir si les moutons étaient en intérieur ou extérieur… Plus le mouton a été confronté aux intempéries, plus sa laine est solide. »
Une fois récoltée, Hannah Wenger envoie la laine en Belgique pour être lavée. Ensuite, elle est soit cardée (démêlée) et feutrée dans le Morbihan – pour les semelles – ou filée dans le Tarn. La lainière propose trois nuances de gris de l’écru et quelques teintures. « J’envoie ensuite la laine filée chez des tricoteurs et ainsi pouvoir produire des vêtements en petite série. » Le produit phare de l’atelier la Filière, c’est la semelle. La trentenaire compte investir dans une machine qui les découperait automatiquement – probablement au printemps prochain.
Hannah Wenger sera au marché de Noël des créateurs de Clécy (Calvados) les 2 et 3 décembre, et à celui de Caen (l’Apaon) les 8, 9 et 10 décembre. Ce même 10 décembre, elle sera au marché de Noël bio et sauvage de Fontenay-les-Louvets. Enfin, le 15 décembre, elle sera au marché de Noël de Nogent-le-Rotrou (Eure-et-Loir).
Informations : Page Facebook : Atelier la filière ou 06 70 65 25 74. Site internet : fermedelaberouette.wixsite.com