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Le vétéran américain Arnold Pederson, sauvé par des résistants normands, s’est éteint à 100 ans... |
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À l’occasion de ses 100 ans, Arnold Pederson avait reçu un courrier de félicitations du président américain Joe Biden. © DR archives
En 1944, l’aviateur américain avait été secouru par des résistants de la région de Gacé (Orne) et avait, depuis, gardé des liens d’amitié avec ceux qui l’avaient aidé. Il était d’ailleurs revenu leur rendre visite à plusieurs reprises entre 1985 et 2006. Il est décédé le 29 décembre 2022 aux États-Unis, quelques mois après son 100e anniversaire.
Arnold Pederson est décédé le 29 décembre 2022 à Duluth, dans le Minnesota, aux États-Unis, quelques mois après avoir fêté son 100e anniversaire. L’ancien aviateur de l’US Army « s’est endormi paisiblement chez lui, entouré de ses trois filles », raconte Janine Barbey, de Ménil-Hubert-en-Exmes, restée en contact avec l’une des filles du vétéran américain. Ainsi s’achève une belle et longue vie, « utile dans le combat pour la liberté », une destinée qui l’a involontairement lié à l’Orne et notamment à la région de Gacé, pendant une période s’étalant sur huit décennies.
Pris en charge par la Résistance à Gacé
Le 8 février 1944, le bombardier, au sein duquel Pederson est mécanicien, est abattu par des avions de chasse allemands, entre Pont-Audemer (Eure) et Pont-l’Évêque (Calvados). L’homme, alors âgé de 22 ans, saute en parachute. S’ensuit une marche longue de huit jours – et autant de nuits – à travers la campagne normande afin d’échapper aux soldats allemands.
C’est vers Gacé qu’un réseau de la Résistance prend en charge le jeune homme. D’Orgères à Échauffour en passant par Sainte-Gauburge, plusieurs membres de la Résistance (dont Gaston Mignot, Roger Boudon, la famille Fouqué-Roullé, Noëlle Guillou…) le cachent avant son exfiltration. Marie-Thérèse Auffray et sa cousine Monique Tarin l’hébergeront ensuite dans leur appartement parisien pendant deux semaines. Pederson regagnera plus tard la Grande-Bretagne, sain et sauf.
Quatre visites en Normandie entre 1985 et 2006
De cette épopée étaient nés d’indéfectibles liens d’amitié avec la famille Fouqué-Roullé et Marie-Thérèse Auffray, devenue peintre. Une amitié entretenue à travers des échanges épistolaires, mais également quelques visites de l’ancien GI, qui était revenu à quatre reprises en Normandie. En 1985 et 1986, il avait ainsi rendu visite à la peintre Marie-Thérèse Auffray, puis avait fleuri sa tombe lors de ses deux visites suivantes, en 1996 et 2006. À chaque séjour, il était accueilli par la famille Fouqué-Roullé, à Sainte-Gauburge.
L’été dernier, à l’occasion de son 100e anniversaire, l’ancien militaire avait reçu une lettre de félicitation du président américain Joe Biden, ainsi qu’une casquette remise par des vétérans du Vietnam.