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Zoé Saldaña dans « Avatar de feu et de cendres » : « Avec Neytiri, j’ai grandi en tant qu’actrice »... |
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Avatar : De feu et de cendres de James Cameron © Walt Disney Company France
L’actrice revient sur son personnage d’Avatar, un rôle physique, intime et profondément féminin, façonné sur vingt ans de collaboration avec James Cameron.
Zoé Saldaña était de passage à Paris pour l’avant-première spectaculaire d’« Avatar de feu et de cendres ». La comédienne est revenue sur ce rôle qu’elle compose depuis le début de la saga. Elle explique aussi sa collaboration avec James Cameron.
Entretien
Neytiri traverse un deuil immense dans ce nouvel opus. Comment avez-vous abordé cette douleur ?
Je ne crois pas que Neytiri vive les choses par la tête. Elle n’est pas psychologique, elle est instinctive. Le deuil, chez elle, passe par le corps. Dans ma vie, j’ai vu des mères enterrer un enfant : leur souffrance s’exprimait d’abord physiquement, avant même que les mots n’arrivent. Neytiri fonctionne de la même façon. Pour elle, ressentir est la seule manière d’avancer.
Votre jeu repose sur une physicalité impressionnante.
Comme je vous le disais, c’est son langage naturel. Neytiri vit dans son corps, dans son cœur, dans ses tripes. Et pour moi, c’était libérateur. J’ai souvent travaillé uniquement avec le visage ou la voix, mais ici, tout le corps participe. Cela m’a permis de retrouver un rapport plus instinctif, presque animal, à l’interprétation.
Elle soufre mais elle doute aussi de sa foi, de son couple, de sa capacité à continuer. Était-ce difficile à incarner ?
Très. Dans ce film, elle est brisée : elle perd un enfant, elle doit en aimer un autre dont le visage lui rappelle ceux qui l’ont fait souffrir. Tout s’effondre. Jouer cette femme qui ne se reconnaît plus m’a rendue très vulnérable, mais c’était essentiel : c’est sa part la plus humaine.
Vous travaillez avec James Cameron depuis presque vingt ans. Qu’est-ce que cette fidélité vous apporte ?
Une liberté immense. James donne toutes les ressources possibles, mais il ne nous enferme jamais. Il nous guide, il ajuste, mais il demande toujours : « Comment tu le sens ? » C’est rare pour un réalisateur de cette ampleur. Grâce à lui, j’ai appris à faire confiance à mes instincts. Avec Neytiri, j’ai grandi en tant qu’actrice.
Ce nouvel Avatar vous semble-t-il plus féminin que les précédents ?
Oui, d’une certaine façon. Le film s’intéresse beaucoup au cœur, à la vulnérabilité, aux liens. Et les femmes sont très présentes, plus qu’auparavant. Mais ce n’est pas un message, c’est une sensibilité. James parle de ce qui le préoccupe : la famille, la nature, la façon dont on se relève. Ce sont des thèmes universels, qu’on porte ensemble, femmes et hommes.