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Dans l’Orne, père et fils racontent la Seconde Guerre mondiale avec des objets au Blackwater museum... |
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Romain et Louis Bon père et fils sont passionnés par la bataille de Berjou, dans l’Orne, durant la Seconde Guerre mondiale et gèrent le Blackwater museum. © Ouest-France
Romain Bon, 44 ans a fondé le musée de Berjou en 2011 devenu depuis Blackwater museum. Il a ainsi exhumé l’une des plus grosses batailles de l’Orne durant la Seconde guerre mondiale avec des objets trouvés dans les greniers. Son fils, Louis Bon, a pris le relais en devenant salarié du musée cette année. Romain Bon est en lice pour devenir « personnalité de l’année » dans l’opération On se bouge dans l’Orne 2024.
À Berjou, commune d’un peu moins de 500 habitants, dans l’Orne, les combats ont fait rage les 15, 16 et 17 août 1944. Cette bataille décisive dans la percée des Alliés est l’une des dernières de Normandie, mais elle a été oubliée pendant soixante-sept ans. Jusqu’à ce que Romain Bon exhume un peu par hasard l’opération Blackwater, du nom du Noireau, la rivière du village, avec son fils Louis.
Romain Bon est en lice pour devenir « personnalité de l’année » dans l’opération On se bouge dans l’Orne 2024, aux côtés d’Angélique Duriez et Céline Haye.
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« Je suis ressorti avec un casque allemand sur la tête »
Malgré un grand-père fait prisonnier en Allemagne pendant cinq ans, l’Histoire n’intéressait pas spécialement celui qui était « en échec scolaire. » C’est en 2011 que tout change. « Je faisais beaucoup de vélo avec les anciens du village et de fil en aiguille, ils m’ont parlé de cette bataille », retrace Romain Bon, 44 ans.
Technicien hospitalier à l’Ehpad de Condé-sur-Noireau, (Calvados), il se rend sur son temps libre dans les champs, retrouve des balles et, peu à peu, les habitants lui confient des objets. Il décide alors de les exposer dans un bâtiment renommé « la Maison des souvenirs. » Peu à peu, les gens des alentours s’y rendent et les dons affluent. En 2011, l’association et le musée de Berjou voient le jour. On y retrouve uniquement des objets donnés, qui permettent aux gérants de raconter leur histoire.

Le Blackwater museum expose uniquement des objets donnés par les habitants. Ouest-France
La passion de cette bataille prend le dessus. Il arrête le vélo, la guitare et quitte son groupe de musique. Il sera remplacé par…. son fils, Louis. Romain Bon fouille les vieillies maisons des habitants à la recherche nouveaux trésors. Dans cette quête, il emmène son fils, alors âgé de 10 ans. « Je ne comprenais pas forcément la bataille. Mais je me souviens qu’une fois, on avait trouvé un casque allemand qui servait pour les poules, je suis ressorti du poulailler avec le casque sur la tête. Et depuis, je l’ai conservé dans ma chambre », sourit-il.
Durant son adolescence, Louis Bon, aujourd’hui 23 ans, continue la démarche avec son père. Dès la fin du lycée, il a en tête de travailler au musée et s’oriente vers un BTS management, apprend l’anglais « pour contacter les soldats et faire des recherches. » Depuis avril 2024, et l’agrandissement du musée, c’est chose faite. Il est désormais salarié. Le père et le fils habitent ensemble et sont très souvent occupés au musée. « Je suis très carré dans l’organisation, on est différents. Il y a déjà eu quelques petites tensions mais c’est normal, c’est générationnel », relativise Romain Bon.
« Je suis fier que Louis reprenne »
Au départ, le musée ouvert seulement les dimanches d’avril à septembre accueillait entre 1 000 et 1 500 visiteurs par an, dont la plupart lors de la fête de la Libération de Berjou où un camp de reconstitution était organisé.
Depuis que la surface du musée a doublé et qu’il est ouvert tous les jours, environ 4 500 visiteurs sont venus en 2024. « On est vraiment contents. Ça fait plus de dix ans que j’y consacre mon temps. Maintenant, je vais prendre du recul et voyager en van. J’ai d’ailleurs repris le vélo ! Je suis fier que Louis reprenne », se réjouit Romain Bon.
En 2025, Louis Bon a plein de projets comme le développement de la partie bar, avec une terrasse, d’une bière à l’effigie du musée, et l’exposition de nouvelles pièces. Autre temps fort : le passage du Tour de France à proximité, qui pourrait mettre un coup de projecteur sur le Blackwater museum.
Blackwater museum, lieu-dit Cambercourt à Berjou. Ouvert de février à novembre. Tél. 06 71 82 24 96.