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REPORTAGE. Elles de l’Orne à Alençon : « On est toutes touchées par le cancer du sein »... |
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Durant près de trente minutes, les milliers de coureuses ont chanté et dansé au cours d’un échauffement chorégraphié. © Ouest-France
Une vague de rose. Ce dimanche 10 octobre, plus de 3 500 coureuses ont pris le départ des Elles de l’Orne, sur le campus universitaire de Damigny-Alençon. La course solidaire pour la recherche contre le cancer du sein a collecté plus de 25 000 €. Une vraie fête populaire et engagée.
Moi, je m’en suis débarrassé du crabe
, murmure Geneviève, 67 ans. Cette grand-mère, accompagnée de sa petite-fille, représente bien la raison d’être de cette course. Pour sa 7e édition, les Elles de l’Orne ont réuni 3 584 coureuses au campus universitaire d’Alençon-Damigny. L’objectif ? Réunir un maximum de fonds pour la recherche contre le cancer du sein. Cette année, un chèque de 25 097 € a pu être remis, par le Conseil départemental de l’Orne et l’association A3 Alençon athlétisme, à la Ligue contre le cancer.
Geneviève a eu son cancer du sein assez jeune : 42 ans. Mère de famille, elle a connu les journées passées au lit, la perte de ses cheveux, les vomissements consécutifs aux chimiothérapies. Une copine du même âge que moi l’a attrapé quelques années après, mais ne s’en est pas sortie. Je crois qu’il y a une part de chance dans tout ça
, raconte la mamie au tee-shirt rose, fataliste.

Sophie, 49 ans, et Cynthia, 31 ans, participent à la course en l’honneur de la maman de l’une d’elles, décédée d’un cancer du sein. Ouest-France
Seule certitude, parmi le public des dizaines de femmes ont connu des victimes du cancer du sein. S’il suffisait de faire 5 km tous les jours pour l’éradiquer, je me mettrai à la randonnée
, ironise Hélène, 58 ans, venue de Flers pour l’occasion. Ici, certains commencent même à se mobiliser contre la maladie au berceau. Côme, 4 mois, est sans doute l’un des plus jeunes participants. Je le fais pour ma copine, parce qu’elle a perdu sa maman à cause de cette maladie
, explique Aurélie. Mais en qualité de femme, je crois qu’on est toutes touchées par le cancer du sein.

Pour participer à la course, il fallait présenter le passe sanitaire à l’entrée et porter un masque, même en extérieur. Ouest-France
Sur l’estrade, deux coachs donnent de la voix pour animer un échauffement chorégraphié. Vous en voulez une autre ?
Acclamation de la foule. Ce dimanche a aussi un parfum de liberté pour les participantes. Pour une reprise en présentiel, on est ravi de voir une telle mobilisation. Il y a eu moins de temps pour s’inscrire, on ne s’attendait pas à voir autant de monde. C’est extrêmement positif
, se réjouit Anne-Laure Tchekaloff, chargée de communication au conseil départemental de l’Orne.

Romuald, 28 ans, veut « se fondre dans la masse » avec sa perruque argentée et se réjouit de voir de plus en plus d’hommes concernés par la lutte contre le cancer du sein. Ouest-France
L’ombre du Covid semble planer bien loin des esprits des sportives d’un jour. De l’autre côté du podium, quelques perruques attirent l’attention. Deux hommes incognito, tee-shirts roses sur le dos, trônent au milieu de la foule. C’est la première fois qu’on le fait. On voulait marquer le coup et se fondre dans la masse
, ironise Romuald, 28 ans. L’homme, qui travaille par ailleurs au campus de Damigny, se réjouit de voir de nombreux homologues masculins autour de lui. L’ambiance est vraiment sympa. Ça fait du bien de voir autant de monde rassemblé pour une bonne cause.

Parmi les coureuses, il y avait de très jeunes femmes, déjà bien au fait du cancer du sein, mais aussi des personnes âgées qui ont connu, parfois de très près, cette maladie. Ouest-France
Sur la ligne de départ, les enfants se bousculent déjà , prêts à en découdre durant 5 km sur la voie verte autour du campus. Avec l’accoutrement de couleur, l’image est saisissante. Une déferlante rose part une fois le coup de feu tiré. Même les chiens portent une cape assortie à celle de leur maître. Derrière le premier groupe composé de sportives, il reste ceux qui prévoient de faire le parcours en marchant. Difficile de faire autrement avec une poussette ou en fauteuil roulant.

Autour de Côme, 4 mois, sans doute le plus jeune participant de la course, les deux Aurélie, Marlène, Anne et Mélodie portent des perruques roses assorties à leur tee-shirt. Ouest-France
Comme un symbole, la première à passer la ligne d’arrivée est une femme, après moins de vingt-cinq minutes d’efforts. Mais finalement, ces 5 km ne sont qu’un prétexte. Celui de rassembler autour d’une cause qui touche toutes les femmes et attire de plus en plus d’hommes. Gérard, 57 ans, le promet : L’année prochaine, je ramène au moins un copain de plus.
Une arme supplémentaire pour collecter plus de fonds pour la recherche contre le cancer du sein.